Bel-Air |
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La salle de concerts de Bel-Air est une ancienne écurie de chevaux attenante à la maison principale acquise en 1982, qui a été modifiée et aménagée par les propriétaires du lieu.Elle comprend une centaine de places, réparties dans un volume haut de plafond, isolé, dont les murs sont enduits à la chaux, le plafond en bois et le sol en béton lissé peint en faux carrelage. L'acoustique y est légèrement réverbérante, et contente la plupart des musiciens. Différentes configurations de scène sont possibles en fonction de la position des chaises et des estrades.
A l'opposé de l'entrée de la salle, sur une tribune, se trouve un grand-orgue, construit par Dominique Chalmin. Il s'agit d'un instrument de 25 jeux sur quatre claviers et pédalier, de style classique français avec quelques influences germaniques.
L'orgue de Bel-Air
L’histoire d’un orgue, généralement écrite après sa restauration, raconte souvent les péripéties de l’instrument au cours d’un, deux ou trois siècles de son existence. Ici, il s’agit d’un orgue neuf : on ne peut donc en faire l’historique, même si sa construction, étalée sur près de vingt années, tributaire de mon temps disponible et de l’évolution de mes connaissances, a un peu rencontré les aléas de la vie d’un orgue ancien : remaniements de composition, déplacement, changements dans la tuyauterie, modifications des éléments décoratifs, etc… Très intéressé par l’orgue et sa facture depuis l’âge de quinze ans, j’ai toujours voulu construire un orgue de mes propres mains, suivant en cela une certaine tradition familiale de facteurs d’orgues amateurs…Mon premier instrument était surtout un orgue d’apprentissage, témoin de mes lacunes : sommiers à la division des claviers, donc postages envahissants, claviers et soupapes d’harmonium, quatre jeux de tuyaux hétéroclites de par les tailles et les matériaux, tuyaux que j’avais fabriqués en cuivre, en zinc et en bois.Impressionné à vie par la découverte des planches de « l’Art du Facteur d’Orgues » de Dom Bedos, j’accumule avec frénésie visites d’orgues en construction et visites chez des facteurs. La découverte, au début des années soixante de l’orgue de Souvigny, fut peut-être à l’origine de mon goût pour l’orgue classique français.Il faut dire que ma curiosité d’adolescent était à la mesure de mon isolement et de mon ignorance : je ne disposais d’aucune documentation, avant de pouvoir enfi n me procurer le traité de Dom Bedos, puis la magnifique série « Orgues Historiques », disques avec notices techniques édités par Harmonia Mundi en 1963.Après mes études à Lyon, qui n’avaient rien de musical, la passion toujours latente de la facture d’orgue me pousse à concevoir un autre instrument. En 1974, mon père entreprend la construction de son orgue à Ugine :occasion pour nous de réfléchir, d’apprendre, de provoquer des échanges de vues à la fois avec émulation, complicité et un certain sens de la dérision, car nous sentions bien que nous étions loin d’être des facteurs d’orgues accomplis !En 1981, je décide de construire un orgue en suivant les indications du traité de Dom Bédos : j’y ai puisé tout ce qui concerne les tailles des tuyaux, les règles des sommiers, les tracés de mécanique. En 1982, alors que nous achetons la maison de la rue de Bel-Air, je termine les plans définitifs, sauf pour ce qui concerne le positif de dos et la pédale indépendante qui seront installés plus tard. Un premier sommier est installé dans le soubassement de l’orgue, avec quatre jeux et un pédalier en tirasse, ce qui permettait de jouer l’instrument.Je construis les sommiers du grand orgue en 1984, suivront ceux du récit, de la pédale, puis du positif de dos.En 1992, une première inauguration de l’orgue doté de 16 jeux sur trois claviers et pédale indépendante, par mes amis Viviane Loriaut, Pierre Perdigon et Michel Chapuis, marque une pause (de courte durée) dans la construction. Cette fête inaugurait en réalité l’aboutissement d’une phase essentielle, celle de l’harmonisation de l’ensemble existant, avec l’aide et les précieux conseils de Pascal Quoirin.Peu de temps après, je me remets à l’ouvrage pour la mécanique, la tuyauterie et l’harmonie du positif de dos, la soufflerie cunéiforme, et enfin je refais un nouveau bloc de quatre claviers. L’instrument a maintenant trouvé sa composition finale, qui comporte 21 jeux. Il a déjà acquis une certaine patine, une légère poussière dans la tuyauterie commence à faire son effet d’unification. Il est utilisé régulièrement depuis 1994, dans le cadre des Rencontres Artistiques de Bel-Air, (association créée en 1994), pour des récitals, des cours d’interprétation, d’improvisation ou pour le festival de Musique de Chambre, qui a lieu chaque année sous la direction artistique de Renaud Capuçon.
COMPOSITION DE L'ORGUE I POSITIF DE DOS
Le piano de Bel-Air...
Depuis février 2008, un magnifique piano à queue de concert, de marque Yamaha, est entré dans la salle d'orgue de Bel-Air. Ce piano des années 90, de facture artisanale, que yamaha ne fabrique plus, à la mécanique légère et expressive, au toucher "d'ivoire" incomparable, appartient à deux immenses pianistes:Katia et Marielle Labèque. Ce piano a tout d'abord séjourné dans leur résidence en Italie, les a accompagnées dans plusieurs de leurs tournées, puis a rejoint le studio d'enregistrement d'une de leurs amies à Londres. A la fermeture de ce studio, Katia et Marielle Labèque ont proposé de faire venir le piano à Bel-Air et de le mettre à la disposition des pianistes invités par Renaud Capuçon et les Rencontres Artistiques de Bel-Air pour une durée indéterminée... Grâce à ce piano, qui inspire à ceux qui l'approchent, respect et émerveillement, récitals, master-classes, répétitions s'enchaînent. Nous remercions chaleureusement Katia et Marielle Labèque, qui nous l'espérons, viendront bientôt retrouver et jouer leur piano à Bel-Air, ainsi que la fondation KML (www.fondazionekml.org) qu'elles ont créée en 2006.
Coordonnées :
99, Rue de Bel Air
73490 La Ravoire
http://www.rencontresbelair.com/
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